WILSON (J. H.)


WILSON (J. H.)
WILSON (J. H.)

WILSON JAMES HAROLD (1916-1995)

Premier ministre de Grande-Bretagne de 1964 à 1970, puis de 1974 à 1976.

Né à Huddersfield, fils d’un agent électoral du Parti libéral (ancien agent électoral de Churchill), James Harold Wilson étudie à Wirral Grammar School (Cheshire) et à Jesus College (Oxford). Diplômé en économie, politique et philosophie, il enseigne l’économie à l’université d’Oxford à partir de 1937. En 1938 et 1939, il est assistant de recherche au côté du planificateur et économiste sir William Beveridge. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la fonction publique. D’abord conseiller économique au secrétariat du ministère de la Guerre (1940-1941), puis au département des Mines (1941-1943), il devient en 1943-1944 directeur de l’Économie et des Statistiques au ministère de l’Énergie, où il se taille une réputation d’administrateur efficace.

Élu député travailliste d’Ormskirk en 1945, Wilson entre aussitôt au gouvernement de Clement Attlee. Secrétaire parlementaire au ministère des Travaux publics de 1945 à 1947, puis secrétaire d’État au Commerce extérieur de mars à octobre 1947, il sera président du Board of Trade (ministère du Commerce) de 1947 à 1951. Il démissionne, en signe de protestation contre les réductions des crédits affectés à la Santé publique et contre les augmentations du budget militaire.

Le Parti travailliste ayant été battu aux élections de 1951, Wilson, dans l’opposition, prend des positions nettement antiaméricaines et favorables à la nationalisation des industries britanniques. Il devient, en cette période d’opposition, conseiller économique d’un certain nombre de firmes anglaises. À partir de 1952, il siège au conseil exécutif du Parti travailliste. En 1959, il appuie la gauche du parti contre le leader travailliste, Hugh Gaitskell, lorsque celui-ci veut abandonner la politique traditionnelle de nationalisation, politique inscrite dans la constitution même du parti. En 1963, à la mort de Gaitskell, Wilson est élu leader du Parti travailliste.

Ayant mené son parti à la victoire lors des élections parlementaires, il devient, en octobre 1964, Premier ministre. Héritant d’un lourd passif en matière de balance commerciale, il s’attache à accélérer l’expansion économique tout en redressant la balance des paiements. Pour combattre le traditionalisme du Trésor (ministère des Finances), il crée le département des Affaires économiques, qui élabore, en 1965, un plan national prévoyant un taux d’expansion économique de 4,5 p. 100 par an. Mais le Trésor est bien trop puissant, et ce nouveau ministère va être enterré en 1969, l’expansion économique souhaitée n’ayant pu se réaliser. Dès novembre 1964, sous la pression du Trésor, Harold Wilson prend la défense de la parité de la livre sterling, mettant ainsi en cause toute sa politique fondée sur l’expansion économique et les mesures sociales.

Ce retour à la politique des conservateurs (resserrement du crédit, freinage de la demande interne) est accompagné d’autres retournements. Contrairement à ses prises de position antérieures, il décide le maintien d’une présence militaire britannique à l’est du canal de Suez, et annonce qu’il n’entend pas employer la force militaire contre les Rhodésiens blancs lorsque ceux-ci se séparent de la Grande-Bretagne en 1965. En 1966, il gagne de nouvelles élections, cette fois-ci avec une majorité de 100 sièges. C’est un triomphe personnel. Il abandonne alors certaines options politiques précédentes: il dévalue la livre sterling en 1967, réduit l’effort militaire à l’est de Suez, affirme son soutien aux Américains dans la guerre au Vietnam et, oubliant son hostilité au Marché commun européen, dépose une demande d’entrée dans la Communauté économique européenne; celle-ci est rejetée, le général de Gaulle s’y opposant fermement.

Redevenu leader de l’opposition, à l’issu des élections législatives de juin 1970, Wilson se tourne vers la gauche de son parti, reniant nombre de politiques qu’il avait soutenues lors de son passage au pouvoir. Il s’oppose, dès 1970, à l’entrée de la Grande-Bretagne au Marché commun et à toute législation sur les conflits sociaux. La crise économique qui secoue la Grande-Bretagne à la fin de 1973 pousse le pays vers des élections anticipées; celles-ci ont lieu le 28 février 1974. Aucune majorité ne se dégage au Parlement, mais, le 4 mars, Wilson est appelé à former un gouvernement minoritaire. Il obtient sa première victoire deux jours plus tard, en négociant la fin de la grève des mineurs houillers, grève qui paralysait la Grande-Bretagne depuis seize semaines.

Désireux de bénéficier d’une majorité nette, il provoque de nouvelles élections en octobre, qui lui donnent 319 sièges et une majorité absolue aux Communes (au lieu des 301 sièges de février). Il se contente pourtant de «gérer la crise économique» sans chercher de véritables réformes de structure et en paraissant compter sur deux atouts d’avenir: le pétrole de la mer du Nord et l’Europe. Cette dernière est redevenue son option après une renégociation des termes des traités et, le 5 juin 1975, il a obtenu l’approbation d’environ deux tiers des votants, au cours du premier référendum de l’histoire britannique, pour que son pays demeure dans le Marché commun. Fondée sur le souci de s’entendre avec les syndicats et sur des dépenses publiques mal comprimées, sa politique est de plus en plus critiquée: d’où sa lassitude et sa décision, alors qu’il n’a que soixante ans, de s’effacer au bénéfice de James Callaghan le 16 mars 1976. Son rôle politique s’achève, même s’il attend 1983 pour accepter une pairie à vie et aller siéger à la Chambre des lords avec le titre de lord Wilson of Rievaulx.

Dès son arrivée au pouvoir en 1964, Wilson se dit volontiers pragmatique. Son souci majeur est de maintenir l’unité de son parti et du mouvement travailliste britannique. Il préfère les négociations et les solutions concertées aux conflits ouverts, mais sa position d’intellectuel au sein du parti lui interdit parfois de prévoir suffisamment les réactions de ses militants de base. Harold Wilson a publié les ouvrages suivants: Nouvelles Perspectives pour l’industrie houillère (New Deal for Coal , 1945); Pour remplacer le dollar (In Place of Dollars , 1952); La Lutte contre la faim dans le monde (The War on World Poverty , 1953); L’Importance du socialisme britannique (The Relevance of British Socialism , 1964); But de la politique (Purpose in Politics , 1964); La Nouvelle Grande-Bretagne (The New Britain , 1964); Le Dynamisme au pouvoir (Purpose in Power , 1966); Le Gouvernement travailliste 1964-1970 (The Labour Government 1964-1970 , 1971); The Governance of Britain , 1976.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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